
Penser que la garantie décennale protège votre chantier est une erreur qui peut coûter des millions et la survie de votre entreprise.
- La responsabilité juridique et financière de tout dommage à l’ouvrage (vol, effondrement, intempéries) repose entièrement sur l’entrepreneur jusqu’à la signature du procès-verbal de réception.
- Les assurances classiques comme la RC Professionnelle ou la Décennale ne couvrent pas ces sinistres survenant PENDANT les travaux.
Recommandation : L’assurance Tous Risques Chantier (TRC) n’est pas une option mais une stratégie de survie financière indispensable pour tout projet d’envergure, agissant comme le seul véritable bouclier protégeant votre trésorerie.
Le silence angoissant après le fracas d’une charpente qui cède. La découverte, un lundi matin, que des palettes entières de matériaux ont été dérobées. Un dégât des eaux majeur la veille de la livraison. Ces scénarios catastrophes semblent théoriques pour de nombreux maîtres d’ouvrage et entreprises de construction, jusqu’à ce qu’ils deviennent une réalité financièrement dévastatrice. L’erreur commune est de se croire protégé par l’assurance décennale, un pilier du secteur BTP, mais dont le rôle est souvent mal compris.
La décennale, tout comme la RC Professionnelle, sont des filets de sécurité pour l’après-chantier, conçus pour couvrir les désordres une fois l’ouvrage livré et réceptionné. Elles ne sont d’aucune utilité pour les incidents, même majeurs, qui surviennent pendant la phase de construction. C’est ici que se situe un angle mort de responsabilité colossal, un véritable trou noir juridique et financier qui peut engloutir la rentabilité d’un projet, voire la totalité de l’entreprise. Mais alors, si la décennale est un bouclier pour le futur, qui protège le présent ?
La véritable clé ne réside pas dans l’accumulation de garanties post-réception, mais dans la compréhension d’un principe fondamental : le transfert de garde. Cet article n’est pas un énième guide sur les assurances. C’est une analyse de risk manager, conçue pour vous, dirigeant ou promoteur, afin de disséquer les mécanismes de responsabilité qui s’appliquent avant la remise des clés. Nous allons démontrer pourquoi l’assurance Tous Risques Chantier (TRC) n’est pas une dépense superflue, mais le seul bouclier actif qui protège la viabilité financière de votre projet face aux imprévus.
Au fil de cet article, nous allons décortiquer les situations concrètes où votre responsabilité est engagée, de la gestion des vols à la suspension de chantier, et vous fournir les clés pour transformer une assurance perçue comme un coût en un véritable outil stratégique de pilotage de vos projets.
Sommaire : Naviguer les risques du chantier avant la réception des travaux
- Pourquoi la loi française considère que le vol des matériaux sur le chantier est à la charge exclusive de l’artisan ?
- Comment souscrire une assurance Tous Risques Chantier (TRC) pour protéger les 15 artisans de votre projet immobilier ?
- Assurance Tous Risques Chantier (TRC) ou Dommages-Ouvrage (DO) : qui prend en charge le dégât des eaux la veille de la remise des clés ?
- Le danger de laisser un chantier à l’arrêt pendant 3 mois qui annule automatiquement votre garantie contre le vandalisme
- À quel moment précis lors de la signature du procès-verbal de réception la responsabilité bascule-t-elle sur le client final ?
- Comment sécuriser un chantier de rénovation ouvert pour éviter l’exclusion totale de garantie ?
- Comment faire payer à votre assureur la location temporaire d’une grue de remplacement pendant les réparations ?
- Comment obtenir une attestation décennale valide pour démarrer votre chantier demain matin, même sans diplôme officiel ?
Pourquoi la loi française considère que le vol des matériaux sur le chantier est à la charge exclusive de l’artisan ?
L’idée reçue est tenace : si un vol se produit sur un chantier appartenant à un maître d’ouvrage, ce dernier devrait être concerné. La réalité juridique est tout autre et repose sur un concept fondamental : la garde de la chose. Tant que le chantier n’a pas été officiellement réceptionné, l’entreprise générale ou l’ensemble des artisans intervenants sont considérés comme les « gardiens » non seulement de leur travail, mais aussi des matériaux qui y sont entreposés, qu’ils soient déjà posés ou en attente.
Ce principe découle directement des articles 1788 et 1789 du Code civil. L’entrepreneur est responsable de la perte ou de la détérioration de la chose (l’ouvrage en construction) avant sa livraison. En cas de vol de matériaux, l’assurance RC Professionnelle de l’artisan ne peut être activée, car elle ne couvre que les dommages causés *aux tiers*, et non les dommages subis par l’ouvrage lui-même. C’est un angle mort majeur : l’artisan doit alors racheter les matériaux à ses frais, impactant directement sa marge et le planning du projet.
La jurisprudence est constante sur ce point, confirmant que le transfert de garde ne s’opère qu’à la réception des travaux. Sans cet acte formel, l’entrepreneur ne peut se décharger de sa responsabilité, même si le chantier est physiquement situé sur la propriété du client.
Jurisprudence sur la garde du chantier : leçons de la Cour de cassation
Une décision de la Cour de cassation en 2003 a rappelé la rigueur du concept de garde. Dans cette affaire, un propriétaire a été tenu responsable d’un détonateur trouvé sur son terrain, sa simple présence le constituant gardien. Par analogie, sur un chantier, la jurisprudence stipule que le transfert de la garde de l’ouvrage de l’entrepreneur vers le maître d’ouvrage nécessite des critères stricts, qui ne sont remplis qu’au moment de la réception formelle. Tant que ce transfert n’a pas eu lieu, l’entrepreneur est le seul gardien et, par conséquent, le seul responsable en cas de vol, de dégradation ou d’effondrement.
C’est précisément pour combler ce vide que l’assurance Tous Risques Chantier (TRC) intervient. Elle couvre l’ouvrage lui-même et les matériaux contre ces aléas, indemnisant directement le projet sans chercher à déterminer la responsabilité de tel ou tel artisan. Elle transforme un risque financier potentiellement désastreux en un incident gérable.
Comment souscrire une assurance Tous Risques Chantier (TRC) pour protéger les 15 artisans de votre projet immobilier ?
La TRC est une assurance « parapluie » unique, souscrite pour un chantier spécifique. Sa grande force est d’offrir une couverture globale pour l’ensemble des intervenants, du maître d’ouvrage à l’entreprise générale en passant par chaque sous-traitant. Elle élimine les conflits interminables entre les assurances RC de chaque artisan en cas de sinistre. Deux options principales de souscription existent, chacune avec ses avantages stratégiques pour un projet complexe impliquant de nombreux corps de métier.
La première option est la souscription par le maître d’ouvrage (promoteur ou client final). Cette approche lui confère un contrôle total sur l’étendue des garanties, les plafonds d’indemnisation et les franchises. Elle garantit que la couverture est parfaitement alignée avec les risques spécifiques du projet. En cas de sinistre, le maître d’ouvrage est indemnisé directement et rapidement, charge à l’assureur TRC de se retourner ensuite, si nécessaire, contre les responsables.
La seconde option est la souscription par l’entreprise générale ou le mandataire principal. Cela simplifie la démarche administrative pour le maître d’ouvrage. Cependant, cette option peut présenter un risque de conflit d’intérêts si le sinistre met en cause l’entreprise générale elle-même. Pour un projet de grande envergure avec de multiples intervenants, la souscription par le maître d’ouvrage est souvent la plus sécurisante.
Le tableau suivant synthétise les implications de chaque choix pour vous aider à prendre la meilleure décision stratégique pour votre projet.
| Critère | TRC souscrite par le maître d’ouvrage | TRC souscrite par l’entreprise générale |
|---|---|---|
| Souscripteur | Client final ou promoteur | Entreprise principale ou mandataire |
| Avantage principal | Contrôle total sur les garanties et les franchises | Simplification administrative pour le maître d’ouvrage |
| Gestion des sinistres | Indemnisation directe sans recherche de responsabilité entre artisans | Coordination par l’entreprise principale |
| Coût moyen | 0,15% à 0,25% du montant HT des travaux | Intégré dans le devis global (souvent plus élevé) |
| Inconvénient | Nécessite une implication active du maître d’ouvrage | Risque de conflit d’intérêts en cas de sinistre impliquant l’entreprise générale |
Plan d’action : Votre dossier de souscription TRC
- Points de contact : Fournir le plan détaillé des mesures de sécurité du site (clôtures, gardiennage, systèmes d’alarme).
- Collecte : Réunir les attestations de garantie décennale valides de CHAQUE intervenant (entreprises et sous-traitants).
- Cohérence : Établir un organigramme précis des responsabilités avec identification claire du maître d’œuvre.
- Mémorabilité/émotion : Préparer le planning prévisionnel complet des travaux avec jalons de réception par lots si applicable.
- Plan d’intégration : Documenter la nature exacte des travaux, le montant total HT et déclarer tout bâtiment existant à intégrer.
Assurance Tous Risques Chantier (TRC) ou Dommages-Ouvrage (DO) : qui prend en charge le dégât des eaux la veille de la remise des clés ?
C’est le cauchemar de tout promoteur ou constructeur : un sinistre majeur survient quelques heures seulement avant la livraison d’un projet de plusieurs millions d’euros. La question qui se pose immédiatement est : quelle assurance va payer ? La réponse dépend d’un seul et unique événement juridique : la signature du procès-verbal (PV) de réception. Ce document n’est pas une simple formalité, il est la ligne de partage des eaux entre deux régimes de responsabilité et d’assurance totalement distincts.
Avant la signature du PV de réception, le chantier est sous la garde de l’entrepreneur. Tout dommage matériel affectant l’ouvrage lui-même (incendie, effondrement, et notre fameux dégât des eaux) relève de l’assurance Tous Risques Chantier (TRC). C’est elle qui a été conçue pour couvrir l’ouvrage en cours de construction. Son mécanisme est simple : elle préfinance les réparations pour ne pas bloquer le chantier, sans rechercher immédiatement la responsabilité.
Dès l’instant où le PV de réception est signé (même avec des réserves), la garde de l’ouvrage est transférée au maître d’ouvrage. L’assurance TRC cesse ses effets. Si le même dégât des eaux survient une heure après la signature, c’est alors l’assurance Dommages-Ouvrage (DO) qui doit être activée. Cette dernière, obligatoire pour le maître d’ouvrage, préfinance les travaux de réparation des désordres de nature décennale qui apparaissent après la réception.
Ce point de bascule est critique et illustre parfaitement la complémentarité et la non-superposition des deux assurances. La TRC protège le projet, la DO protège le propriétaire. L’un ne remplace pas l’autre, ils se succèdent dans le temps.
Scénario chronologique : le sinistre et la signature
Le procès-verbal de réception marque un transfert immédiat de responsabilité. Imaginons un dégât des eaux survenant à 20h00. Si le PV a été signé sans réserve à 17h00 le même jour, c’est l’assurance Dommages-Ouvrage qui est activée car le sinistre se produit après la réception. En revanche, si le sinistre survient à 20h00 alors que la signature du PV est programmée pour le lendemain matin à 9h00, la TRC intervient car le chantier n’est pas encore réceptionné et reste sous la garde de l’entrepreneur.
Le danger de laisser un chantier à l’arrêt pendant 3 mois qui annule automatiquement votre garantie contre le vandalisme
Un litige avec un fournisseur, la faillite d’un sous-traitant, des intempéries prolongées ou une crise sanitaire peuvent forcer un chantier à l’arrêt pour une durée indéterminée. Si cette situation est déjà un coup dur pour le planning et les finances, elle crée également un risque assurantiel majeur et souvent méconnu : l’exclusion de garantie pour inoccupation. La plupart des contrats d’assurance, y compris la TRC, contiennent une clause qui suspend ou annule certaines garanties (notamment le vol et le vandalisme) si le site reste inactif et sans surveillance pendant une période prolongée.
Cette période, souvent appelée « période d’inoccupation », varie selon les contrats, mais elle est rarement généreuse. En effet, selon les données du marché de l’assurance, cette clause peut s’activer après une période allant de 30 à 90 jours consécutifs d’arrêt total des travaux. Un chantier désert devient une cible facile pour les vols et les dégradations, et les assureurs considèrent que l’aggravation du risque n’est plus couverte par la prime initialement calculée.
Pour un promoteur ou un constructeur, l’impact est double. Non seulement le projet est retardé, mais il n’est plus couvert contre des actes malveillants qui sont justement plus probables sur un site à l’abandon. Se retrouver à financer la réparation d’actes de vandalisme ou le remplacement de matériaux volés sur un chantier déjà en difficulté financière peut être le coup de grâce. Il est donc impératif d’adopter une gestion proactive du risque dès qu’un arrêt de chantier se profile.
Il ne faut jamais considérer que la couverture est acquise. La communication avec l’assureur et la mise en place de mesures compensatoires sont les seules stratégies viables pour maintenir le bouclier de protection de la TRC actif, même lorsque les grues sont à l’arrêt. Voici une liste de stratégies concrètes à mettre en œuvre :
- Notifier l’assureur par lettre recommandée avec AR dès qu’un arrêt de plus de 15 jours est prévisible.
- Préciser dans la notification la raison de l’arrêt (faillite fournisseur, litige, intempéries) et la durée estimée.
- Proposer des mesures compensatoires : engagement d’un service de gardiennage temporaire ou installation d’alarme avec télésurveillance.
- Demander un avenant au contrat TRC pour prolonger la période de garantie, avec un ajustement de prime si nécessaire.
- Documenter photographiquement l’état du chantier et les dispositifs de sécurisation avant l’arrêt.
À quel moment précis lors de la signature du procès-verbal de réception la responsabilité bascule-t-elle sur le client final ?
Le procès-verbal de réception des travaux est l’acte juridique le plus important de la vie d’un chantier. C’est le moment précis où la garde de l’ouvrage, et donc la responsabilité principale des dommages qui pourraient lui arriver, bascule des épaules de l’entrepreneur à celles du maître d’ouvrage. Comprendre les nuances de cet acte est crucial pour maîtriser les risques. La réception peut prendre plusieurs formes : expresse, tacite, ou être refusée, chacune ayant des conséquences radicalement différentes.
La réception expresse est la situation idéale : le maître d’ouvrage et l’entrepreneur signent un PV. Si tout est parfait, la réception est prononcée sans réserve. Plus fréquemment, elle est prononcée « avec réserves ». Cela signifie que le maître d’ouvrage accepte l’ouvrage mais note des malfaçons ou des finitions à reprendre. Le transfert de responsabilité a bien lieu, mais l’entrepreneur reste tenu de lever ces réserves dans un délai convenu. C’est également à ce moment que les garanties légales (parfait achèvement, biennale, décennale) commencent à courir.
Le refus de réception est une situation de crise. Le maître d’ouvrage estime que l’ouvrage n’est pas en état d’être reçu (inachevé, non conforme). Dans ce cas, il n’y a pas de transfert de garde. L’entrepreneur reste entièrement responsable du chantier et doit effectuer les travaux nécessaires pour atteindre un niveau acceptable.
Le tableau ci-dessous, basé sur les recommandations de la CAPEB, détaille les conséquences de chaque scénario.
| Critère | Réception avec réserves | Refus de réception |
|---|---|---|
| Transfert de responsabilité principale | Oui, sauf pour les points notés en réserve | Non, l’entrepreneur garde la responsabilité totale |
| Transfert de la garde du chantier | Oui, le maître d’ouvrage devient gardien | Non, l’entrepreneur reste gardien |
| Activation des garanties légales | Oui (parfait achèvement, biennale, décennale) | Non, les garanties ne démarrent pas |
| Délai de correction | Maximum 90 jours selon norme NF P 03-001 | Indéterminé jusqu’à mise en conformité |
| Paiement du solde | Possible avec retenue de garantie | Suspendu jusqu’à réception sans réserve |
Enfin, il existe un dernier scénario, le plus dangereux pour les deux parties : la réception tacite. C’est un angle mort juridique où l’absence de formalisme crée un flou à haut risque.
Le piège de la réception tacite
La jurisprudence considère parfois la réception comme « tacite » même sans PV signé. Cela se produit lorsque deux conditions sont réunies : le maître d’ouvrage prend possession des lieux (par exemple, en y emménageant) ET il a payé l’intégralité des travaux. Un juge peut interpréter ces deux actes comme une volonté non équivoque d’accepter l’ouvrage. Dans ce cas, la responsabilité est transférée au client à son insu, et l’artisan perd la possibilité d’invoquer sa garde du chantier pour d’éventuels problèmes ultérieurs. C’est une situation qui fragilise les garanties de toutes les parties.
Comment sécuriser un chantier de rénovation ouvert pour éviter l’exclusion totale de garantie ?
Un chantier de rénovation, souvent situé en milieu urbain ou dans une zone occupée, présente des défis de sécurité uniques. Contrairement à une construction neuve en terrain isolé, il est plus exposé au passage, à la curiosité et donc au vol ou au vandalisme. Les assureurs sont particulièrement vigilants sur les mesures de « prévention et protection » mises en place sur ce type de site. L’absence de dispositifs de sécurité jugés suffisants peut constituer une faute de l’assuré et conduire, en cas de sinistre, à une réduction de l’indemnisation, voire à une exclusion totale de garantie.
La simple pose d’une clôture de chantier standard n’est souvent plus considérée comme une précaution suffisante pour des projets d’envergure ou contenant des matériaux de valeur. Les assureurs TRC exigent de plus en plus une approche proactive de la sécurité, qui doit être documentée dans le dossier de souscription. L’objectif n’est pas seulement de dissuader, mais aussi de pouvoir prouver que toutes les mesures raisonnables ont été prises pour protéger le bien assuré.
Plutôt que de voir la sécurité comme un centre de coût, un risk manager avisé l’analyse sous l’angle du retour sur investissement (ROI). Investir dans des solutions de sécurité actives permet non seulement de réduire la probabilité d’un sinistre, mais aussi de négocier de meilleures conditions d’assurance (primes réduites, franchises plus faibles) et de garantir une indemnisation complète en cas de problème.
La documentation est ici la clé. Des photographies quotidiennes et datées de l’état du chantier et des dispositifs de sécurité en place constituent une preuve irréfutable en cas de litige avec un assureur. Il s’agit de transformer des dépenses de sécurité en un investissement documenté protégeant la viabilité du projet.
Voici une analyse du retour sur investissement des solutions de sécurité les plus courantes pour les chantiers :
- Caméras IP avec détection de mouvement et alerte smartphone : Coût 300-800€, pour une réduction de prime TRC estimée entre 5 et 10%.
- Traceurs GPS sur engins de chantier : Coût 50-150€ par équipement, avec un effet dissuasif sur le vol estimé à 70%.
- Gardiennage ponctuel lors des livraisons de matériaux coûteux : Coût 150-250€ par jour, pour protéger des matériaux d’une valeur pouvant dépasser 10 000€.
- Clôture renforcée avec cadenas haute sécurité : Coût 800-2000€, garantissant la conformité avec les exigences de nombreux assureurs.
- Documentation photographique datée quotidienne : Coût 0€, mais d’une valeur probante maximale en cas de litige.
Comment faire payer à votre assureur la location temporaire d’une grue de remplacement pendant les réparations ?
Lorsqu’un élément essentiel du chantier, comme une grue, un engin de terrassement ou une centrale à béton, est endommagé suite à un sinistre (tempête, incendie, accident), l’impact est double. Il y a d’abord le coût direct de la réparation ou du remplacement de l’équipement. Mais il y a surtout le coût indirect, souvent bien plus élevé : l’arrêt complet du chantier. Chaque jour d’inactivité génère des coûts fixes, des salaires à payer, et surtout, un risque de pénalités de retard. Dans ce contexte, la location d’un équipement de remplacement devient une urgence vitale.
La question est : qui paie cette location ? Spontanément, on pourrait penser que c’est une perte d’exploitation non couverte. Cependant, une assurance TRC bien négociée peut et doit prendre en charge ces « frais supplémentaires ». Le principe fondamental de la TRC est de couvrir tous les dommages matériels et les frais engagés pour remettre l’ouvrage dans l’état où il se trouvait avant le sinistre, afin que le chantier puisse être achevé.
Comme le souligne le guide de l’assurance Tous Risques Chantier de Garantie-decennale.com, la couverture s’étend bien au-delà des simples réparations.
L’assurance tous risques chantier couvre les dommages matériels subis par l’ouvrage en cours de construction, et l’ensemble des frais nécessaires à la finalisation du chantier sont pris en compte, allant des coûts de démolition au nettoyage, pouvant même inclure les frais de transports et les heures supplémentaires.
– Garantie-decennale.com, Guide de l’assurance Tous Risques Chantier
La location d’une grue de remplacement s’inscrit parfaitement dans cette logique. C’est un « frais supplémentaire » engagé pour limiter l’aggravation du préjudice (les pénalités de retard) et permettre la poursuite du chantier. Pour obtenir cette prise en charge, il faut l’avoir anticipée. La négociation de cette garantie, souvent appelée « Frais supplémentaires » ou « Pertes d’Exploitation Anticipées » (PEA), doit se faire dès la souscription du contrat. L’argumentaire doit être basé sur une analyse de risque chiffrée.
Voici un argumentaire type à préparer pour votre courtier ou assureur :
- Quantifier le risque : Chiffrer précisément le coût journalier d’un arrêt de chantier, en incluant les pénalités de retard contractuelles.
- Démontrer la criticité : Prouver que l’équipement endommagé est indispensable, par exemple : « 80% des opérations du planning dépendent de cet engin ».
- Comparer les coûts : Calculer le surcoût de prime pour la garantie des frais supplémentaires et le comparer au risque financier total en cas de sinistre.
- Présenter un scénario gagnant-gagnant : Montrer qu’en finançant la location, l’assureur limite l’indemnisation globale qui aurait été due si le chantier était resté à l’arrêt.
- Négocier en amont : Insister pour inclure cette garantie dès la souscription initiale, où le pouvoir de négociation est le plus fort.
À retenir
- Responsabilité totale : Jusqu’à la signature du PV de réception, l’entrepreneur est le seul gardien de l’ouvrage et assume la responsabilité financière de tout dommage (vol, effondrement, vandalisme).
- Le bouclier TRC : L’assurance Tous Risques Chantier est la seule couverture « tous sauf » qui protège l’ouvrage lui-même pendant sa construction, en indemnisant rapidement sans recherche de responsabilité initiale.
- Le PV, un acte critique : Le procès-verbal de réception n’est pas une formalité. C’est l’acte juridique qui transfère le risque de l’entrepreneur au maître d’ouvrage et déclenche les garanties légales comme la décennale.
Comment obtenir une attestation décennale valide pour démarrer votre chantier demain matin, même sans diplôme officiel ?
Avant même de penser à la couverture Tous Risques Chantier, chaque artisan intervenant sur un projet doit présenter un prérequis absolu : une attestation de garantie décennale valide. Sans ce sésame, impossible de démarrer légalement. Pour de nombreux artisans d’expérience qui n’ont pas de diplôme officiel (CAP, BEP) dans leur domaine d’activité, obtenir cette assurance peut ressembler à un parcours du combattant auprès des compagnies traditionnelles, qui basent souvent leur évaluation du risque sur les qualifications académiques.
Cependant, la loi française et la pratique des assureurs permettent de contourner cet obstacle. L’expérience professionnelle peut être reconnue comme équivalente à un diplôme, à condition d’être solidement documentée. La clé est de prouver une pratique continue et compétente du métier. Pour de nombreux assureurs spécialisés, une expérience d’au moins 3 ans minimum en tant que salarié ou dirigeant dans l’activité à assurer est requise pour valider le savoir-faire.
Le choix de l’interlocuteur est donc stratégique. Se tourner vers un courtier spécialisé dans l’assurance construction ou des assureurs de niche est souvent la solution la plus rapide et efficace pour les profils « atypiques ». Ces acteurs ont des processus d’évaluation plus souples, axés sur la réalité du terrain plutôt que sur le seul papier.
Le tableau suivant met en lumière les différences d’approche entre les circuits de distribution, une information cruciale pour tout artisan cherchant une solution rapide.
| Critère | Compagnies traditionnelles | Courtiers et assureurs de niche |
|---|---|---|
| Exigence diplôme | Quasi-systématique (CAP, BEP minimum) | Évaluation basée sur l’expérience réelle |
| Documents acceptés | Diplômes officiels uniquement | Kbis ancienneté, attestations antérieures, factures chantiers |
| Prime initiale | Standard si diplômé | Surprime 20-40% la première année |
| Évolution tarifaire | Stable si pas de sinistre | Réduction progressive sur 3 ans sans sinistre |
| Délai d’obtention | 5-10 jours ouvrés | 24-72h si dossier complet |
Obtenir sa décennale sans diplôme est donc tout à fait possible, mais cela demande de la méthode et le bon partenaire. Il faut préparer un dossier solide prouvant son expérience (anciennes fiches de paie, Kbis, factures, photos de chantiers précédents) et accepter une surprime initiale, qui sera revue à la baisse après quelques années sans sinistre. C’est le prix à payer pour faire reconnaître une compétence acquise sur le terrain et non sur les bancs de l’école.
Pour évaluer précisément les risques de votre projet et configurer une couverture TRC sur mesure, l’étape suivante consiste à réaliser un audit de vos contrats et de votre chantier avec un expert.